Rivière souterraine de Bataillé

(Rivière souterraine de Bataillé – Extrait de Sous les Deux-Sèvres du CDS 79)

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Accessibilité et visites :

rivière souterraine de bataillé deux sèvresLa rivière souterraine de Bataillé située sur la commune d’Alloinay (fusion des communes de Gournay-Loizé et Les Alleuds) dans le département des Deux-Sèvres (79) fait l’objet d’une convention écrite entre la commune d’Alloinay propriétaire du puits artificiel d’accès à la rivière et le CDS 79 (Comité Départemental de Spéléologie des Deux-Sèvres). A ce titre, à l’occasion de chaque sortie dans la rivière souterraine de Bataillé, une autorisation d’accès doit être demandée auprès du CDS 79 qui en informera ensuite la mairie d’Alloinay.

Contact : Olivier COLLON (Président du CDS 79) au 06.84.11.44.00 ou par email à cds79@ffspeleo.fr

Avant chaque sortie envisagée dans la rivière souterraine de Bataillé, le CDS 79 doit être informé :

  • Le nombre de participants
  • Les noms, prénoms et numéro de licence FF Spéléo des spéléologues fédérés
  • Les noms, prénoms et numéro des tickets assurance à la journée des visiteurs non fédérés
  • Le jour et les horaires de visites prévus dans la rivière souterraine

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Situation géographique de la rivière souterraine de Bataillé :

Carte IGN 1/50 000, Melle XVI-29, 1/25 000 Melle 7-8 et Coordonnées du Puits de Bataillé : X 416,90 Y : 132,60 Z : 162.

La rivière souterraine de Bataillé – cours souterrain de la Somptueuse – est accessible par un puits artificiel profond de 28 mètres, à l’ancienne station de pompage de Bataillé (commune d’Alloinay). L’exsurgence est située près du cimetière de Sompt, en bordure de la route de Gournay à Triou ( X : 411,700 Y : 131,650 Z : 90 ). Le ruisseau ainsi formé prend la dénomination de  » la Somptueuse « ; il arrose les communes de Sompt et de Tillou où il perd une partie de son débit avant de rejoindre la Boutonne, sur le territoire de la commune de Luché. La longueur de son  cours est de 5600 mètres.

ancienne station pompage bataillé deux sèvres
L’ancienne station de pompage et le puis artificiel d’entrée

Historique de la rivière souterraine de Bataillé :

L’existence de cette rivière est signalée en 1883 par M. RECOUPE, lors du creusement d’un puits dans l’une des fermes du village de Bataillé. L’exploration en fut entreprise peu de temps après par A. FOURNIER, préparateur en géologie à la Faculté des Sciences de Poitiers, qui devait plus tard publier une remarquable thèse de médecine sur les épidémies et le sol en Poitou. Il était accompagné par l’abbé METAIS, professeur au collège de Rom, l’abbé RECOUPE, curé de Gournay, et quelques autres personnes.

En 1930, E. PATTE, professeur à la Faculté des Sciences de Poitiers, réalise une étude géologique de la région dans le cadre d’un projet d’alimentation en eau potable de la commune de Gournay.

En 1954, le Spéléo-Club Poitevin effectue le relevé topographique sur un développement de 250 mètres environ. L’exploration est ensuite poursuivie sur une distance de 600 mètres, jusqu’à une vasque dans laquelle ABONNEAU (Spéléo-Club Poitevin) plonge sans succès en 1965.

En juillet 1955, JJ. LEGRAND (Laboratoire de Biologie Animale de la Faculté des Sciences de Poitiers) prospecte les cavités naturelles de l’ouest dans le but de dresser un inventaire de la faune cavernicole. A Bataillé, il étudie en particulier un Aselle endémique. Des recherches biospéléologiques sont entreprises en 1970 par JP. HENRY (Faculté des Sciences de Dijon) tant dans la rivière souterraine qu’à l’exsurgence.

Plusieurs groupes se sont ensuite intéressés à la région sans apporter une contribution personnelle à la connaissance du réseau.

Enfin, en 1978, le Comité Départemental de Spéléologie des Deux-Sèvres (CDS 79) termine la topographie jusqu’à la vasque et réalise une tentative de pompage à Sompt.

En 2009, le S.A.S.M. de Melle effectue en période d’étiage une reconnaissance dans une conduite forcée à l’amont du puis d’entrée. Récit à lire ici

Le cadre géologique de la rivière souterraine de Bataillé :

Le plateau mellois, situé au nord-ouest du bassin d’Aquitaine, est marqué par un complexe d’accidents tectoniques  » de style cassant  » postérieurs au milieu du tertiaire (R. FACON 1965).

Deux zones sont particulièrement fracturées :

– la région de Montalembert, dominée par la faille d’Exireuil-Montalembert et quelques failles annexes de faible rejet : la colline de Montalembert est en fait un horst dont le sommet culmine à 185 mètres d’altitude sur les marnes toarciennes dont l’exploitation alimentait des tuileries.

– la vallée tectonique de la Boutonne. Le plateau mellois domine de 60 mètres le bassin de Lezay et de 40 mètres la plaine de Brioux. Le réseau hydrographique est orienté vers le bassin de la Boutonne du fait d’un léger pendage des couches vers le sud-ouest. Le réseau de vallées sèches est extrêmement dense; celles-ci sont souvent profondes, leurs versants abrupts, leur fond tapissé de grèzes. Pour R. FACON (1965),  » la plupart des vallées sèches actuellement fonctionnaient normalement avant les grandes coulées du Würms qui ont désorganisé l’hydrographie normale. Le réseau a-t-il été créé à l’interglaciaire Riss-Würms ou lui est-il antérieur ? Nous ne connaissons que l’acte de décès et non le bulletin de naissance. Celui-ci se place entre le Pliocène, date du rejet des failles, et les débuts du Würms « . Une forte densité de dolines se trouvent au sud de Saint-Vincent-la-Châtre et au nord de Melleran. R. FACON (id.) note que  » ce fait est normal étant donné le pendage normal des couches vers le sud-ouest « .

D’après C. PASSERAT (1908)  » jamais l’eau ne séjourne dans ces cuvettes qui sont toujours cultivées « . Les dolines sont généralement dissymétriques et en pente douce; elles forment parfois des ouvalas. Pour R. FACON (id.),  » les dolines sont postérieures à l’argile à châtaigniers qui aurait glissé et aurait recouvert tout le relief d’une nappe uniforme « , sans toutefois éliminer l’hypothèse que  » ces dolines sont antérieures au manteau d’argile à châtaigniers et les produits de décalcification auraient participé à la composition du complexe pédologique et alors le processus de karstification serait antérieur au Miocène « .

Certaines sont des dolines d’effondrement, leur formation ayant comme origine la rupture des voûtes au-dessus de cavités souterraines. C’est ce qui s’est passé dans un champ, au lieu-dit le Chaillot, sur le territoire de la commune de Sompt, où un gouffre s’était ouvert en 1969 sous les roues d’un tracteur. Sa profondeur était d’une quinzaine de mètres. Il est aujourd’hui comblé.

Hydrogéologie de la rivière souterraine de Bataillé :

A la faveur des dolines et de l’argile à châtaigniers perméable en petit, les eaux de pluie atteignent les fissures des calcaires du Dogger et alimentent de puissantes résurgences. La source de la Boutonne ( x : 414,100 y : 126,275 z : 90 ), toujours abondante, recueille les eaux drainées par les vallées sèches qui se prolongent dans la direction de Loizé et de Melleran. La commune de Chef-Boutonne utilise, depuis 1930, l’eau d’un puits creusé dans le vallon de Coupeaume au nord-est de l’agglomération.

Nous avons mentionné l’exsurgence de Sompt à l’ouest. Dans la même région, la fontaine de Marcillé ( X : 410,575 Y : 135,337 Z : 105 ), sur le territoire de la commune de Saint-Génard, alimente le Syndicat Intercommunal de Paizay-le-Tort. Une vallée sèche descend du hameau de Miséré où un ruisseau souterrain ( X : 412,987 Y : 135,962 Z : 130 env. ) est exploré sur quelques dizaines de mètres; en aval, la galerie aboutit à une salle basse; en amont, la  progression se fait dans une galerie qui s’abaisse progressivement pour devenir impénétrable.

Par ailleurs, un marquage a démontré l’existence d’une liaison entre le puits communal de la mairie de Pouffonds, sur la rive droite du vallon sec de Chail, et la source de Chambertier ( X : 410,350 Y : 136,188 Z : 110 ). A l’est, la Péruse prend naissance sur les marnes Argoviennes dans la région de Mairé-L’Evescault et se perd très rapidement dans les calcaires fissurés du Dogger. Le cours reprend normalement en aval de Vaussais (commune de Sauzé-Vaussais) et augmente de débit avec les apports de la Font-Galtrie, au Moulin de la Péruse. Elle disparaît à nouveau à Saint-Martin-du-Clocher (Charente) jusqu’à Ruffec où un débit conséquent est à nouveau assuré à partir de la résurgence du Lien jusqu’à son confluent avec la Charente.

Des forages réalisés à l’initiative de la Direction Départementale de l’Agriculture de la Charente dans la région de Saint-Martin-du-Clocher ont fait apparaître des débits importants mais aussi de grosses difficultés d’exploitation (sables, argiles, silex colmatant les forages et endommageant les pompes).

Description de la rivière souterraine de Bataillé :

La description faite par FOURNIER est reproduite en annexe. Globalement, elle donne un aperçu intéressant de la rivière souterraine de Bataillé. Il est certain qu’il faut tenir compte des exagérations de l’auteur. C’est ainsi qu’il est inutile d’y rechercher des concrétions importantes, bien qu’il existe en amont du puits de petits gours cités par ABONNEAU et encore facilement observables. Enfin, cette description ne porte que sur 260 mètres environ. Les causes de l’abandon de FOURNIER et de ses compagnons sont évidentes; le niveau de l’eau était plus haut et le laminoir qui mettait fin à leur exploration complètement noyé.

La progression de 300 mètres qui conduit à la vasque se fait tantôt à quatre pattes, tantôt dans de vastes diaclases, les seules difficultés se trouvant dans deux passages bas pratiquement noyés – quelques centimètres seulement entre la surface de l’eau et la voûte -. On aboutit ensuite dans une vasque profonde et au sol argileux où la progression s’arrête définitivement.

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Rivière souterraine de Bataillé

Biospéléologie dans la rivière souterraine de Bataillé :

Les espèces étudiées dans la rivière souterraine de Bataillé appartiennent toutes au sous-embranchement des crustacés et à la classe des péracarides.

1° Ordre des Isopodes
a ) Trichoniscus albidus speluncarum VANDEL (JJ LEGRAND 1957) : c’est une sousespèce décrite par Vandel; le peuplement est assez abondant dans les grottes du Poitou et d’autres régions, notamment le Lot, la Dordogne et l’Aveyron.
b) Gallasellus Heilyi LEGRAND a été récolté par JJ. LEGRAND le 10 juillet 1956 sur des débris ligneux; son inventeur lui donna la dénomination d’Asellus Heilyi n. sp., qu’il  » n’est pas possible de classer d’une façon plus précise « , mais  » qui mérite certainement le statut d’espèce « . En 1970, HENRY et MAGNIEZ publient une révision de la systématique et de la biogéographie des Asellidae. A la suite de la récolte d’une vingtaine d’individus en juin 1970, HENRY crée pour cet Aselle un genre nouveau : Gallasellus, issue d’une  » lignée autochtone et ancienne, extrêmement endémique … et sans doute d’origine atlantique  » (HENRY et MAGNIEZ 1977).
c) Caecosphaeroma Burgundum Dollfus, var. aupisfucaldi HUBAULT, a été récolté par JP. HENRY en 1970 dans les graviers de l’exsurgence de Sompt, à la suite d’un sondage. C’est un Isopode du sous-ordre des Sphéromidés. D’après GINET (1977),  » lorsqu’ils sont dérangés par la lampe ou le filet des biospéléologues ces crustacés s’enroulent sur eux-mêmes, et ces petites billes immobiles deviennent alors très difficiles à apercevoir « . Ils semblent peupler de nombreux biotopes souterrains; des individus ont été récoltés à Miséré, mais aussi à Saint-Christophe-sur-Roc, dans le bassin de la Sèvre Niortaise.

2° Ordre des Amphipodes
JP. HENRY a récolté en 1970 dans l’exsurgence de Sompt un Niphargus Ladmiraulti CHEVR. Par ailleurs, R. GINET possède dans son laboratoire, à la Faculté de Lyon, un Niphargus non déterminé dont la récolte remonte à 1968 par G. CLAUDEY, l’un de ses élèves. Ce sont des crustacés du sous-ordre des Gammaridae (ordre des Amphipodes) très répandus dans les eaux souterraines de toute le France. De nombreuses réunions internationales tentent de mettre de l’ordre dans un genre qui regroupe plus de 300 espèces et sous-espèces. Les Niphargus ont été récoltés ou observés dans plusieurs rivières souterraines des Deux-Sèvres.

En savoir plus sur la rivière souterraine de Bataillé :

Description faite de la rivière souterraine de Bataillé par A. FOURNIER dans le journal d’Histoire Naturelle de Bordeaux et du Sud-Ouest le 31 janvier 1884 :

…  » Creusé par les eaux qui se sont infiltrées depuis des siècles à travers les failles des couches du calcaire de l’oolitique inférieure, ce souterrain présente dans sa partie praticable, un développement de 310 mètres. On y pénètre par un puits de 25 mètres de profondeur, ouvert dans la cour de la ferme de M. Pellevoisin, agriculteur. Le hasard, comme il arrive souvent, fut la seule cause de sa découverte. Un beau matin, le puisatier sentit le sol se dérober sous lui et tomba à l’eau heureusement peu profonde en ce moment; il en fut quitte pour une vraie peur et un bain forcé.

La voûte est en général à une hauteur de 2 mètres, mais par endroit, elle s’abaisse ou s’élève considérablement. La hauteur moyenne est de 3,50 mètres, en certains points elle atteint 6 à 7 mètres, mais sur tout le parcours, on rencontre, soit d’énormes blocs de pierre détachés de la voûte, soit de grands talus d’argile rougeâtre amenée du dehors par les eaux, quelquefois l’un et l’autre, qui obstruent presque complètement le passage.

A la partie sud, la voûte en anse de panier, très près du fond, s’élève ensuite graduellement à 1 mètre de hauteur près d’une source; elle est couverte de concrétions calcaires et de stalactites. La direction est N 5° 0. Sur la droite, un petit ruisseau se faufile humblement à travers les cailloux roulés qui forment le sol en cet endroit, et va se perdre dans le courant principal et tout près d’elle. Celle-ci est ouverte sur la droite, en un point où la direction du souterrain se redresse vers le Nord et ne forme plus avec lui qu’un angle de 1° 0. L’ouverture par laquelle l’eau s’écoule représente assez bien celle d’un four de 0,65 m de largeur sur 0,50 m de hauteur; la profondeur de l’eau était le 10 août, à midi, de 0,30 m et la rapidité du courant d’environ 0,75 m par seconde, ce qui donne un débit de 8575 litres par minute. Il est presque inutile de dire qu’en hiver le volume doit être bien plus considérable et que l’eau doit remplir toute la cavité souterraine. Je n’ai pas pu mesurer sa température à la sortie du rocher, mon thermomètre s’étant brisé pendant une descente dans le puits. Divers essais m’ont démontré que l’eau ne contient qu’une faible proportion de carbonate de chaux et que, par conséquent, elle doit être considérée comme une eau potable de bonne qualité.

Passé la source, le souterrain oblique de plus en plus à l’ouest; 25 mètres plus loin, après avoir traversé plusieurs flaques d’eau et être passé en rampant sous la voûte qui s’affaisse à 0,70 m du sol, la direction se trouve être sud-ouest 11°0, et 25 mètres plus loin encore après S.S.O.; mais il ne suit pas longtemps cette dernière et reprend, à peu de choses près, sa direction primitive N 4°E; qu’il commence jusqu’au puits. En allant vers ce dernier point, la voûte s’élève tout à coup vers la droite, un talus d’argile à pente raide descend jusqu’au ruisseau, des blocs énormes de rochers viennent obstruer le passage, et, pour sortir de là, il faut gravir des pieds et des mains la butte glaiseuse.

Puis, arrivé à une certaine hauteur, se rouler entre la voûte qui vous touche presque et le talus; alors, on se laisse glisser de l’autre côté, le reste du chemin jusqu’au puits se fait en enjambant des blocs de pierre. Le puits a été creusé sur l’endroit le plus agréable et le plus propre de tout le souterrain, la voûte est d’un cintre assez régulier, mais un peu basse, à 1,40 m au-dessus du fond. A partir du puits et pendant 76 mètres, la direction est à peu près N.N.O.; sur la droite, à 27 mètres, se trouve une cavité de deux mètres de profondeur qui semble être l’embouchure d’un conduit amenant au niveau les eaux pluviales de la surface.

Au bout de ce couloir, on tourne à gauche, dans la direction de l’ouest; là, à la lueur des lanternes, on peut admirer la voûte profondément usée par les eaux; on s’aperçoit des découpures bizarres, que l’imagination vous représente comme autant de moules, de petits clochetons, aux sommets disparaissant dans l’obscurité; pour ces masses déchiquetées le jeu des lumières et des ombres, augmentant ou diminuant les profondeurs, produit le plus fantastique effet.

A peine a-t-on fait une vingtaine de mètres, que l’on tourne brusquement à droite en formant, avec le passage précédent, un angle droit; au sommet de cet angle se trouve un autre conduit à ouverture arrondie placée à hauteur d’homme, qui se continue en remontant et en tournant à gauche. C’est encore l’embouchure d’un affluent, actuellement à sec, de notre ruisseau.

On fait 8 mètres dans cette direction pour prendre à nouveau à gauche pendant 10 mètres, après lesquels on se dirige vers le N.N.O. jusqu’à l’extrémité accessible. C’est d’abord un couloir étroit où l’on est obligé de se glisser de côté entre les parois du souterrain qui se rapprochent considérablement puis vient ensuite, pendant 37 mètres, un passage semé de blocs de pierre tombés de la voûte et que l’on est obligé d’escalader ou de contourner suivant le cas.

A l’extrémité, les parois se rapprochent, l’eau devient plus profonde en même temps que la voûte s’abaisse davantage, et il arrive un moment où à moins d’être poisson, on ne peut aller plus loin « .

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